Suite à une question laissée par un lecteur sur les flasques utilisées par certaines écuries, voici quelques éclaircissements sur ces éléments à la mode en F1.
Une roue de Formule 1 est constituée d’un pneu de d’une jante, de diamètre fixe pour les 4 roues. Lorsque la monoplace avance, les jantes viennent perturber le flux d’air qui les traverse, et augmente ainsi la traînée générée par les roues avant et arrière. Mais le règlement interdit le carénage comme sur les voitures de série. Les ingénieurs peuvent malgré tout travailler sur les jantes. Elles ont donc été recouvertes d’un « couvercle » de carbone, appelé flasque. La présence des flasques empêche le flux d’air de pénétrer dans la jante, et lui impose donc de contourner la roue par l’extérieur. Il en résulte une diminution significative de la traînée générée par les roues, et une efficacité aérodynamique plus grande.
Maintenant me direz-vous, pourquoi toutes les équipes n’ont-elles pas adopté tout de suite ce système ? Plusieurs réponses à cela. Tout d’abord, ces flasques recouvrant la jante, l’air circule moins bien entre l’élément et la jante. Les freins sont donc refroidis moins efficacement : c’est pour ça que le système a d’abord été adopté sur les roues arrières, qui demandent moins de refroidissement (la répartition du freinage est globalement de 60% sur l’avant et 40% sur l’arrière). Pour que le système soit adapté sur les roues avant, il a fallu attendre près d’un an, le Grand Prix de Silverstone 2007 sur les F2007. L’élément avant est fixe, car il faut refroidir les freins plus efficacement, une ouverture a donc été pratiquée au niveau des étriers pour évacuer l’air chaud issu de l’énergie dissipée lors des freinages. Or les étriers étant fixes par rapport à la roue, cet élément doit également être fixe pour garantir un refroidissement suffisant. Cela a pu poser quelques difficultés aux écuries. Deuxième raison, au niveau des pistolets à air utilisés pour les changements de pneumatiques : ils doivent maintenant intégrer les flasques pour les fixer avec la roue à chaque arrêt aux stands. Leur conception a donc du être revue spécifiquement pour ces éléments.

En Turquie 2006, les jantes ont fait leur apparition chez Ferrari, seulement sur la roue arrière. Elles sont mobiles et tournent avec les roues.


Lors du Grand Prix de Grande Bretagne en 2007 (Ici photo datant du Grand Prix d’Europe, une course plus tard) les flasques ont été fixées sur les roues avant : elles ne sont cette-fois plus tournantes et possèdent une ouverture permettant un meilleur refroidissement des freins.
En 2008, une réglette a été fixée sur la partie haute de ces flasques, pour diriger le flux d’air de manière plue efficace, afin d’améliorer l’efficacité aérodynamique générale de la monoplace.

En conclusion, ces flasques apportent un gain significatif au niveau aérodynamique, et donc améliorent les performances des monoplaces par une diminution de la traînée, mais pas par une augmentation des appuis. Mais le refroidissement, bien que facilité par une circulation plus « calme » de l’air, est tout de même moins efficace par l’ajout de ces éléments. C’est une des difficultés auxquelles il faut pallier avant de les installer sur les monoplaces. C’est également la raison pour laquelle Ferrari a abandonné ses flasques lors du Grand Prix du Canada, le plus exigeant de la saison pour les freins (voir analyse technique du Canada)